Bulle internet

Les bulles internet sont récurrentes. L'aveuglement face au profit immédiat et la méconnaissance profonde de l'activité des entreprises informatiques concourent à l'émergence régulière de bulles en fonction de périodes, au gré de technologies ou des modes.

Valorisation des technologiques

Je me suis amusé à comparer les grosses entreprises technologiques et les entreprises traditionnelles, en mettant en regard le chiffre d'affaire et la capitalisation boursière, laquelle est le reflet de ce qu'imaginent les investisseurs comme étant la valeur de l'entreprise. Je dis bien imaginer et non évaluer, laquelle devrait se baser sur des éléments les plus objectifs possibles.

Entreprises de type technologique (2018)
Société Capital[1] CA[1] Ratio Commentaires
Facebook 533 34 15,6 La plus grosse surévaluation (jusqu'à quand ?)
Apple 910 191 4,8 Ratio bas, mais Apple vend des produits industriels
Google 796 92 8,7 Fintech classique
Amazon 765 148 5,2 Ratio bas, mais propose des services physiques et informatiques
Microsoft 722 75 9,6 Même Microsoft est typique des entreprises fintech !
Entreprises traditionnelles (2018)
Société Capital[1] CA[1] Ratio Commentaires
Michelin 22 22 1,0 Société industrielle classique
Société Générale 35 24 1,5 Etablissement financier
Airbus 74 66 1,2 Industrie de pointe
Total 123 143 0,9 Secteur pétrolier
ENGIE 32 65 0,5 Energie, CA très supérieur à la capitalisation
Carrefour 13 78 0,2 Commerce, idem à ENGIE (acheter ?)
L'Oréal 100 26 3,8 Luxe, ratio peu commun dans le CAC40
PPR/Kering 48 15 3,2 Luxe, également atypique

Tragicomédie

Je ne me réjouis pas des cas de faillites de start-up ou des pertes parfois très lourdes qu'occasionne cet amateurisme dans la gestion des entreprises et dans le milieu financier. D'autant plus que parfois les entreprises ont réellement des capacités industrielles, des idées, des produits, etc. Mais force est de constater qu'une mauvaise appréciation de la valeur d'une entreprise peut conduire à de fortes corrections (au mieux) ou des faillites (au pire).

Nokia, société pourtant réputée avant-gardiste et novatrice, va laisser des plumes suite au rachat de la start-up française Withings[2] achetée bien trop cher. Deux ans après l'avoir acquise pour 170 millions d'euro (et avoir également fait des erreurs stratégiques comme supprimer la marque), l'entité n'en vaudrait plus que 30 en 2018, voire moins dans le scénario d'une revente à des repreneurs.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 En milliards de dollars ou milliards d'euros.
  2. « Withings : Nokia s'en mord (déjà) les doigts », sur ZDNet France (consulté le 12 avril 2018)